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Jazz A Vienne 2026 Retour sur la Soirée Blues

  • Photo du rédacteur: Cédric Veyrrier
    Cédric Veyrrier
  • il y a 12 minutes
  • 4 min de lecture

Willie Dixon disait "The Blues is the roots, the rest is the fruits" (le blues est la racine, le reste sont les fruits) et cette phrase désormais légendaire peut également s'appliquer au festival Jazz à Vienne. En effet, la soirée Blues est à l'origine même du Festival, puisque le 05 juillet 1980 Jean-Paul Boutellier organise une "Nuit Du Blues" au théatre antique de Vienne avec B.B. King, Muddy Waters et Fats Domino à l'affiche, qui donnera naissance à ce festival incontournable ! Rappelons également que si à ses débuts aux Etats-Unis le Blues etait "étiquetté" parmi les musiques folks ; lors de son arrivée en France et en Europe, c'était dans le rayon "Jazz" qu'il était classé.

Ce samedi 27 juin La soirée blues faisait son retour après une absence de la programmation en 2025, et quel retour ce fut !

Le Chicago Blues Summer a lancé les festivités avec un Chicago Blues (qui l'eu cru ?!?) des plus efficaces. A la manière d'une revue les chanteurs/musiciens se sont succédés sur la scène du théâtre antique, avec une classe, une aisance, une puissance à couper le souffle ! Première remarque qui me passe par la tête : "si ça commence comme ça, que va donner le reste de la soirée?!". Stephen Hull arrive sur scène comme à la maison, sa strat' nous emmène directement dans les clubs de la "Windy City", sa voix est impressionnante, le groupe maitrise son sujet. Johnny Iguana nous régale derrière son Hammond B3, Brian Fahey nous gratifie d'un solo de batterie monumental, bref, la barre semble déjà bien haute.

Et puis, Stephen quitte la scène comme une star, et annonce l'arrivée de Madame Sheryl Youngblood, et bon sang, on n'était pas prêts ! Giles Corey le remplace à la six cordes, il arrive sur scène, branche son Epiphone Wildkat dans un ampli Fender surchauffé et c'est reparti pour un deuxième round. Sheryl nous attrape tous avec sa prestance et sa voix puissante, elle prend possession de la scène et attire toute l'attention sur elle. Pas de manière égoiste, non ! Juste parce qu'elle illumine le théatre antique par sa seule présence !

Un show impeccable d'un bout à l'autre, un groupe a suivre, et à revoir...

A peine le temps de reprendre nos esprits, se rafraichir un peu, et Fantastic Negrito débarque sur scène tel un ovni, coiffé d'un chapeau a grande plume, vêtu d'un costume de scène flamboyant, il lui faudra bien deux minutes avant de passer la sangle de sa telecaster thinline bleue sur son épaule. Le public semble ne pas comprendre ce qui se passe, et c'est là toute la beauté de son univers : lui non plus ! Comme il le dit magnifiquement lui-même lors de notre interview : "je ne sais pas vraiment encore qui je suis ; il ne s'agit pas d'une destination, mais d'un voyage...". Et il ne faudra pas longtemps pour qu'il nous embarque tous avec lui dans une tornade musicale et scénique ! Sa présence sur scène est impressionnante mais sans comparaison aucune avec sa technique vocale : il semble avoir dix voix qui se battent pour sortir de sa bouche ! On entend James Brown, on entend Prince ou Sam Cooke, mais celui qu'on entend vraiment c'est lui : Xavier, alias Fantastic Negrito ! Un monstre du blues, de la soul, de la funk, du fun et du show ! Ses textes nous ramènent souvent à une dure réalité ou la ségrégation n'est pas si loin et ou les hommes se rejettent les uns les autres. Fantastic Negrito sera sans nul doute le coup de coeur de pas mal de monde pour cette soirée du Blues à Vienne.

Et puis enfin, Samantha Fish, en combinaison rouge fait son apparition sur cette scène du théatre antique de Vienne, sa Guibson SG blanche rivée comme si elle faisait partie d'elle. Ce n'est pas un secret, Samantha Fish a une voix diabolique et un jeu de guitare à la hauteur, redoutable ! Du blues, de la soul, du rock and roll, se dégagent à chacune de ses interventions. Elle annonce fièrement admettre jouer ce soir dans le plus vieux lieu ou elle n'ai jamais joué. On la sent heureuse d'être là, dans cet écrin magnifique et historique, qui porte ce festival non moins mythique. Elle envoie un set efficace, les sons de guitare son ciselés à la perfection. Certes on n'est pas dans le show exubérant de Fantastic Negrito, mais on est dans un rouleau compresseur qui déroule tout droit, et duquel ne dépasse que quelques envolées vocales impressionantes ou des larsens toujours maitrisés. Samantha Fish a l'art et la manière d'enchainer une ballade presque soul, et un tritre de rock and roll énergique sans que l'on ne sente la moindre faiblesse ! C'est certain, elle compte parmi les plus talenteux du genre et du moment.

Une édition 2026 de la soirée du Blues à Jazz à Vienne qui laisse espérer de prochaines éditions plus qu'excitantes, une soirée dont on repart des notes plein la tête, des étoiles pleins les yeux, les jambes fatiguées mais le coeur rempli de belles émotions.

(par Cédric Veyrrier aka Daddy'O)



 
 
 

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