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Les Chroniques du Sillon Noir

  • Photo du rédacteur: Cédric Veyrrier
    Cédric Veyrrier
  • 11 févr.
  • 2 min de lecture

Etta James "At Last" 


Enregistré dans les mythiques studios du 2120 South Michigan Avenue, chez Chess Records, cet album est un incontournable ! Quiconque aime le Blues, la Soul, le Jazz et simplement la musique, se doit de posséder un exemplaire. L’album ouvre sur « Anything to Say You’re Mine » et déjà la voix d’Etta s’impose d’elle même, les poils se dressent, les frissons nous envahissent… L’orchestration, signée Riley Hampton, sur commande des frères Chess qui sentaient bien le potentiel de la chanteuse, ne fait que sublimer une voix déjà fabuleuse. Le ton est donné, le décor est planté. Après les 6 secondes de la brève intro de « My Dearest Darling » Etta vient confirmer ce que l’on sentait dès le début : sa voix restera a jamais comme l’une des plus belles de l’histoire, définitivement. Un album qui compte 5 titres par face sur sa version d’origine, pas plus, pas moins, et aucun n’est moins bon que l’autre. Après les 4 ballades, la face A se termine sur « Tough Mary », un morceau plus dansant, avec des coeurs enjoués, un instrumental rythmé, l’apparition d’une flute en toile de fond, on est en 1960, on sent le twist arriver tranquillement. On tourne le disque, on pose le diamant sur la face B et la, sans prévenir, les notes de saxophone lancent « I just want to make love to you » , ou Madame James démontre encore toute la puissance de sa voix !  On est porté par le rythme, le swing, l’orchestration, la voix… La chanson restera dans le marbre à tout jamais. Et puis vient « At Last » chanson qui a donné son titre à l’album. Si la chanson a été composée par Glenn Miller et chantée à l’origine par le duo Ray Eberle et Lynn Bari, elle semble avoir été conçue sur mesure pour Etta James qui la sublime. Les murs du Studio A du 2120 en pleurent encore d’émotion 55 années plus tard tant Etta semble avoir été touchée par la grâce en interprétant sa version d’At Last. « All I can Do Was Cry » une ballade, à fondre en larme, enfonce le clou et confirme s’il en est encore besoin, qu’Etta James joue dans la cour des très grandes. Et comme une fois n’est pas coutume, Etta reprend un autre standard pour y graver à jamais sa signature, avec « Stormy Weather », composé en 1933 par Harold Arlen, sorti par le label Brunswick, situé à quelques mètres de Chess Records, sur Michigan Avenue. Enfin « Girl Of My Dreams » vient clôturer cette version originale de l’album, sans faute de sa première à sa dernière note. Tout ici est réussi, que ce soit le choix des chansons, leur interprétation, leur orchestration, même cette couverture tout en sobriété montrant une photo d’Etta James de profil, sur fond jaune et avec pour seule mention « Etta James, At Last ! ». At last pour « enfin » et bon sang, que cet album porte bien son nom ! 


(par Didou aka Daddy'O)



 
 
 

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