Les Chroniques du Sillon Noir
- Cédric Veyrrier

- il y a 7 heures
- 2 min de lecture
Charlie Musselwhite « Look Out Highway »

Sorti en 2025, cet album signé du dernier géant de l’harmonica blues ne réinvente clairement pas le genre musical, et c’est tant mieux ! Dès les premières notes, de « Look Out Highway » (le titre éponyme qui ouvre l’album), Charlie nous embarque durant 11 morceaux pour un voyage bercé par les sonorités des Juke Joint enfumés du Mississippi. L’harmonica y est bien sûr omniprésent, et à plus de 80 ans, l’homme a la voix qui a muri comme le plus noble des whiskys du Tennessee. Et puis, alors qu’on pensait que ça démarrait fort, arrive « Sad Eyes », un blues lent au groove imparable, un titre presque soul, teinté d’orgue hammond. On ferme les yeux, on se laisse bercer par ce rythme entêtant, rassurant, et presque addictif… (écoute de Sad Eyes). Et puis arrive « Storm Warning », digne de l’école du Chicago Blues des plus classiques et efficaces, dans lequel a trempé Charlie depuis toujours. On entend les références aux classiques. L’harmonica entre dès les premières secondes de l’intro, et revient pour un solo, saturé, chaud, vibrant, bluesy ! « Baby Please Won’t You Help Me » et son shuffle métronomique, son piano percutant, sa guitare légèrement crunchy, la voix de Charlie, qui semble imperturbable, et toujours cet harmonica saturé, rond, et profond. « Hip Shakin’ Mama » vient perturber l’ambiance, en dénotant des titres précédent avec une rythmique plus funk mais toujours très bluesy. Et puis « Higway 61 » débarque, sur un shuffle lent, mais entrainant. On ferme les yeux, on imagine le ruban de la 61, qui relie entre autres Clarkdale à Chicago bordée de champs de coton, on se laisse porter par cette ligne de basse redoutable. (Ecoute de Highway 61). « Ready For The Times to Get Better » repart vers des horizons plus soul groove. Charlie invite ici Edna Luckett pour un duo des plus réussis. Puis « Ramblin’ Is My Game » entre avec fracas dans un nouveau shuffle dansant, classique mais efficace : l’homme connait son sujet ! On s’imagine dansant au Red’s Juke Joint de Claksdale Mississippi à quelques foulées de l’endroit ou vit Charlie. (Ecoute de Ramblin’ Is My Game »). « Blue Lounge » un slow blues instrumental qui voit arriver le premier son de guitare slide, influence du Mississippi oblige. La aussi l’ambiance est enfumée, presque éthylique, en tous cas elle sent bon la terre du Delta. « Ghosts In Memphis » propose un rythme inspiré de la ville en question, un riff de guitare que n’aurait pas renié un certain Elvis Aaron Presley, seul morceau du genre sur l’album. Et puis « Open Road » vient clôturer cet album sur un shuffle rythmé. Un solo d’harmonica très mélodique, ou Charlie explore des sonorités presque country, quand le reste du groupe se contente de tenir le shuffle typique, un solo de guitare qui semble être une 12 cordes, plus typique du piémont. La formule fonctionne, Charlie et ses acolytes ont comprit qu’il ne sert à rien d’essayer de changer une équipe qui gagne. On ne réinvente pas le blues ici, mais on le maitrise, de la plus belle des façons !
(Par Didou aka Daddy'O)




Commentaires